imagination  [entrée directionnelle]

Le français provient d'un latin impérial peu fréquent, (lui-même dérivé de dont le sens principal est « effigie, portrait », voir image), tandis que la racine grecque, (sur la lumière), s'est développée dans le sens de fantaisie, fantasme (voir encadré 3 « La réapparition du fantasme à partir de la psychanalyse », dans phantasia, pour le vocabulaire de la psychanalyse).

I. La tension entre production et reproduction

La différence phantasia / imaginatio, dont témoignent les difficultés que les Latins ont éprouvé à traduire le grec, est celle entre la force créatrice des (phantasia, voir doxa) et la faculté reproductrice des (voir eidôlon, mimêsis), chacun des termes pouvant être lui-même travaillé du dedans par cette tension et les jugements de valeur qui s'y attachent. Le doublet est remis en chantier de manière différente dans la tradition allemande ( / voir Bild avec l'extraordinaire fécondité de la famille de mots qui place l'image et l'imagination du côté de la formation et de la culture) et dans la tradition anglaise qui tend à différencier le pouvoir de selon les degrés de l'arbitraire et de la nécessité (fancy / imagination).

II. L'imagination comme faculté : esthétique et épistémologie

Cette même tension détermine la place de l'imagination dans le jeu des facultés et des modalités d'être au monde. Est-ce une faculté nécessaire à l'exercice des autres facultés, entre passivité (voir esthétique) et activité, ou, comme dit une « maîtresse d'erreur et de fausseté » ?

1. On trouvera sous Bild l'étude de la différence que situe au cœur de la Critique de la Raison Pure, entre « reproductrice » et « productrice » des donc condition de possibilité de nos

2. En deçà ou au-delà de la distinction critique entre et et la tradition italienne insiste sur la capacité des images et de l'imagination dans l'art et la pensée (voir disegno; cf. beauté, ingenium).

© Le Seuil / Dictionnaires le Robert, 2003.