De la présentation du chez

⇒ article sublime [4].

soustrait le à son lieu originaire d'élection qui était depuis l'Antiquité la Et il ne cite même plus En revanche, il entérine la grande découverte de la fin du XVIIe et du XVIIIe siècle : celle du propre aux vastes ou accidentés, marins et montagneux. Mais il hésite entre deux conceptions de la présentation du sublime : la première qui est devenue fort célèbre fait état d'une stimulation sensible purement négative; la seconde, peu aperçue mais plus originale, vise à développer un véritable ascétisme de la sensibilité, laquelle s'interdit toute projection de savoir sur le spectacle qu'elle contemple.

(1) « […] le (das ) ne peut être contenu en aucune forme sensible; il ne concerne que les Idées de la raison qui, bien qu'aucune présentation adéquate n'en soit possible, sont néanmoins rappelées et ravivées de par cette inadéquation même, dont une présentation sensible est possible. Ainsi le vaste océan, soulevé par la tempête, ne peut être dit ( ). Son aspect est hideux. »

(2) « […] Le spectacle de l' ne doit pas être vu comme nous le pensons, l'enrichissant de toute sorte de connaissances […]; mais il faut parvenir à voir l'océan seulement, comme le font les poètes, selon le spectacle qu'il donne à l'œil, soit, lorsqu'il est contemplé au repos, tel un clair miroir d'eau qui n'est limité que par le ciel, soit, lorsqu'il est agité, comme un abîme menaçant de tout engloutir, qu'il nous est quand même possible de trouver sublime (erhaben) » (Kant, Critique de la faculté de juger, § 23 et Remarque générale)

Baldine Saint-Girons

© Le Seuil / Dictionnaires le Robert, 2003.