et («   »)

⇒ article sublime [2].

S'opposant à propose de faire le départ entre le qui naît de l'éloignement de la et le plaisir positif, de même, inversement, qu'entre la douleur produite par la disparition du plaisir et la douleur positive. Comment qualifier le plaisir relatif qui naît d'une relation à une douleur, par mise à distance et métamorphose de celle-ci ? Burke choisit un terme, déjà existant, et lui assigne un champ sémantique plus restreint. Delight, tel est le nom du sentiment qui accompagne selon lui la formation de l'idée du Point donc, en l'occurrence, de plaisir simple, ni, non plus, de douleur simple ou relative.

« Il est hors de doute que toute espèce de satisfaction ou de plaisir, quelle que soit la manière dont elle nous affecte, est de nature positive dans l'esprit de celui qui l'éprouve. Mais une sorte de privation peut en être la cause […]
Chaque fois que j'aurai l'occasion de parler de cette espèce de plaisir relatif, je l'appellerai ( ); et j'aurai soin de ne jamais utiliser ce mot en aucun autre sens. Je suis bien convaincu qu'il n'est pas reçu communément dans l'acception que j'ai adoptée; mais je pense qu'il vaut mieux emprunter un terme déjà connu et en limiter la signification qu'en introduire un nouveau, qui pourrait ne pas s'incorporer aussi bien à notre langue. […]
Tout ce qui est propre à susciter d'une manière quelconque les idées de ( ) et de danger, c'est-à-dire tout ce qui est d'une certaine manière terrible, tout ce qui traite d'objets terribles ou agit de façon analogue à la terreur, est source du sublime, c'est-à-dire capable de produire la plus forte émotion que l'esprit soit capable de ressentir.
Je dis la plus forte des émotions, parce que je suis convaincu que les idées de douleur sont beaucoup plus puissantes que celles qui viennent du plaisir. […]
Lorque le danger ou la douleur serrent de trop près, ils ne peuvent donner aucun délice et sont simplement terribles; mais, à distance, et avec certaines modifications, ils peuvent être délicieux et ils le sont, comme nous en faisons journellement l'expérience » (1998, p. 81 et 84).

Baldine Saint-Girons

© Le Seuil / Dictionnaires le Robert, 2003.