et les difficultés du passage du latin au grec

⇒ article phantasia [1].

Nous sommes a priori bien loin de toute idée d'une en l'absence d' et encore plus loin de toute assimilation de la au decaying sense de soit à une « sensation en voie de dégradation [sensio deficiens, sive phantasma dilutum et evanidum] » (Léviathan, I, 2). Quoi que nous autres modernes dussions à cette conception et quoi que nous puissions penser de cet éventuel rapprochement, il faut cependant remarquer que Hobbes avait fort bien perçu qu' ne traduisait que fort imparfaitement phantasia :

« Après que l'objet a été ôté, ou l'œil fermé, nous gardons encore une image (image, imaginem) de la chose vue, moins distincte cependant que lorsque nous la voyons. Et c'est là ce que les Latins appellent imagination (imagination), à cause de l'image produite par la vision; et ils appliquent le même mot aux autres sensations (senses) quoiqu'improprement. Mais les Grecs appellent cela phantasme (fancy, phantasia), ce qui signifie apparition, et convient également bien à toutes les sensations » (Léviathan, I, 2, trad. fr. F. Tricaud, Sirey, 1971; les termes anglais ou latins placés entre parenthèses sont ceux de Hobbes lui-même dans ses éditions anglaises ou latines).

Jean-Louis Labarrrière

© Le Seuil / Dictionnaires le Robert, 2003.