Les distinctions d'

⇒ article oikonomia [3].

« Eulogios établit dans la notion d'économie telle que l'admet l'Église divine, une triple distinction et il démontre que ce n'est en s'alignant sur aucune des trois qu'ils [les hérétiques] ont abouti à un mélange informe d'impiété par l'alliance qu'ils ont faite entre les outrances de leurs hérésies. Pour commencer Eulogios dit que le principe de l'économie n'admet pas le premier venu comme juge et arbitre de sa réalisation, mais elle les prend parmi les serviteurs du Christ, parmi les dispensateurs [oikonomous] du mystère divin et parmi ceux qui légifèrent depuis les sièges épiscopaux.
En outre, c'est un juste principe qui exerce l'économie lorsque le dogme de la foi n'en subit aucune atteinte.
Souvent une économie circonstancielle [proskairos oikonomia] est établie pour un temps limité en admettant et en retenant quelques données qui ne devaient pas l'être pour permettre à la vraie foi de retrouver sa puissance durable et sa tranquillité. […]
La seconde économie se fait à propos des mots. Ainsi quand les dogmes de l'Église sont bien établis et sont exprimés en termes différents, on se met d'accord pour ne rien dire à propos de certains mots, surtout s'ils ne sont pas des motifs sérieux de scandale pour ceux dont l'intention est suffisamment droite. […]
Un troisième mode d'économie concerne le cas où les gens, souvent ne tiennent pas compte d'un décret promulgué, et promulgué précisément contre eux sans que l'autorité des vrais dogmes en soit amoindrie » (Photius, Bibliothèque, vol. 4, codex 227, trad. fr. R. Henry (modifiée), Belles Lettres, 1965, p. 111-11276).

Le traité perdu d' est sans doute contemporain des débats sur l' et (Ve siècle), c'est-à-dire d'un temps où la défense rigoureuse des vérités dogmatiques mettait en danger l'unité de l'Église. Il fallait donc, au jour le jour, composer au mieux entre la fidélité spirituelle et le projet politique. Cette « composition » est et exige une adaptation pragmatique dans une vigilance qui reste de principe. Ce traité est le seul ouvrage byzantin qui semble avoir tenté une synthèse des opérations économiques.

Marie-José Mondzain

© Le Seuil / Dictionnaires le Robert, 2003.