La du (bis)

⇒ article mimêsis [5].

Il n'est pas surprenant que ce soit à propos du que les effets du nouveau concept de se manifestent avec le plus d'évidence. Si un bon portrait est un portrait ressemblant, qu'est-ce qui définit la du portrait ?

À cette question, que les Italiens s'étaient déjà posée, apporte une réponse tout à fait originale, qui n'est pas sans rappeler l'analyse cartésienne.

« D'où vient, demande Félibien, qu'un peintre médiocre réussit quelquefois mieux à faire ressembler qu'un très savant homme ? […] Prenez garde que ce qui paraît souvent ressemblant dans ces portraits médiocres n'est rien moins que cela […]. Du moment que par quelque signe il se forme dans notre esprit une image qui a du rapport à une chose que nous connaissons, nous croyons aussitôt y trouver une grande ressemblance, quoique, à la bien examiner, il n'y eut souvent qu'une légère idée. » (André Félibien, Entretiens sur les vies et les ouvrages des plus excellents peintres anciens et modernes, 1668-1688, 7e entretien, p. 453).

Jacqueline Lichtenstein

© Le Seuil / Dictionnaires le Robert, 2003.