La du

⇒ article mimêsis [3].

L'usage du mot dérivé de rittrare, pour désigner le illustre la prégnance de l'identification entre portrait et qui a fait du portrait le paradigme de la ressemblance et donc de la peinture comme image ressemblante (de même en est-il de l'usage de po(u)rtraire et de po(u)rtraiture au XVIIe siècle au sens général de peinture). Mais cette identification explique aussi que le portrait ait pu être considéré comme un genre inférieur dans le cadre de la hiérarchie des genres qui s'élabore sous l'influence de la Poétique d' et qui implique la primauté de la Comment défendre le statut du portrait comme genre au regard des critères aristotéliciens ?

C'est précisément pour résoudre cette difficulté qu'un auteur comme propose de distinguer deux types de portraits : « il  » le portrait simple, conforme à la définition platonicienne de la «   » [μίμησις εἰκαστική], qui « n'exprime rien d'autre que la dimension, proportion et ressemblance avec la chose qu'il imite (similitudine della cosa que imita) » et « il rittrato con azione et espressione d'affetto », le portrait avec action et passion, dans lequel il y a « outre la ressemblance (similitudine), l'action et la passion, laquelle s'imite (imitandosi) en représentant (rappresentar) la manière de cette passion (il modo di quell'affeto) » (Giulio Mancini, Considerazione sulla pittura [v. 1620], Rome, Academia nazionale dei Lincei, 1956-1957). Certes, la variété des termes utilisés par Mancini : similitudine, imitare, rappresentar, de même que le lien / qui rattache la problématique de l'action à celle de l'expression des témoignent des déplacements que le Moyen Âge et la Renaissance ont fait subir à la d' aussi bien qu'à celle de Mais cette distinction entre deux genres de portrait, aussi étrangère soit-elle à la pensée d'Aristote, répond à une difficulté qui a sa source dans la double acception qu'Aristote donne à mimêsis selon qu'il réfère le terme au discours ou à l'image.

se réclamera lui aussi d'Aristote pour caractériser le genre du portrait, en utilisant toutefois un argument différent : « Si la peinture est une imitation de la nature, elle l'est doublement à l'égard du portrait qui ne représente pas seulement un homme en général, mais tel homme en particulier » (Cours de peinture par principes (1708), Gallimard, « Tel », 1989, p. 260).

Jacqueline Lichtenstein


Bibliographie

Hénin Emmanuelle, Ut pictura theatrum, thèse soutenue à l'université Paris-IV Sorbonne, décembre 2000.

© Le Seuil / Dictionnaires le Robert, 2003.