«   » et «   »

⇒ article beauté [3].

La comparaison des deux versions qu' a données de son propre traité, l'une en latin, l'autre en italien, permet de saisir les transformations introduites par le passage en langue vernaculaire. Dans le De pictura, Alberti écrit, à propos du peintre Démétrius :

« At ex partibus omnibus non modo similitudinem rerum, verum etiam in primis ipsam pulchritudinem diligat. Nam est in pictura res non minus grata quam expetita [Que dans toutes les parties il s'attache non seulement à la ressemblance des choses mais d'abord à la beauté même. Car en peinture la beauté n'est pas moins agréable que recherchée] » (Livre III, 55, trad fr. J.-L. Schefer, p. 219).

La même injonction est exprimée dans le della Pittura de la manière suivante :

« E di tutte le parti li piacerà non solo renderne similitudine, ma piu edgiugniervi bellezza; pero che nella pittura la non meno è grata che richiesta [Il lui plaira non seulement de rendre avec ressemblance tous les éléments, mais de leur ajouter la beauté; car en peinture la grâce est agréable aussi bien que requise] » (éd. C. Grayson, p. 96-97).

Alors que le latin utilise le même terme (pulchritudinem, ), l'italien recourt à deux mots distincts, puis que dans son édition anglaise du traité italien, traduit par (On painting, p. 92).

dérive du latin vagus, qui signifie : vague, indéterminé. Mais il prend aussi un sens positif, celui de charme indéfini, plus proche de l'idée de que de Il se distingue de dont le sens se confond presque ici avec celui du mot latin lequel s'emploie en particulier pour désigner la et l' d'un discours (certains philologues font dériver concinnitas de l'adjectif concinnus, qui signifie bien proportionné, d'autres du verbe concinnare qui veut dire agencer, arranger, préparer). Les figures du et bien entendu la Joconde sont les paradigmes picturaux de la vaghezza, alors que la perfection plastique des Madones de correspondent très adéquatement à l'idée de la bellezza.

Jean-François Groulier


Bibliographie

Alberti Leon Battista, De Pictura (1435) Della Pittura (1436); De pictura, lat.-it., éd. Cecil Grayson, Roma-Bari, Laterza, 1975; On painting, it.-angl., éd. et trad. J. R. Spencer, Yale UP, 1956; De la Peinture, lat.-fr., éd. et trad. J.-L. Schefer, Macula, 1992.

© Le Seuil / Dictionnaires le Robert, 2003.